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15/02
2019

L'amour de 7 à 77 ans !

couple de personnes âgées amoureux

La Saint Valentin, une fête intergénérationnelle

C’est un fait, les proches ont souvent du mal à accepter l’idée de leur(s) parent(s) ou grand(s)-parent(s) âgé(s) en train de flirter. Or cette idée que la vie amoureuse prend fin avec la vie active est également partagée par bon nombre de seniors qui estiment tout simplement avoir « passé l’âge ». Comme si la retraite devait être entièrement consacrée aux petits-enfants ou aux activités manuelles ! Pourtant, nombreux sont ceux, toute génération confondue, qui se disent admiratifs de ces couples qui durent toute la vie, unis dans les épreuves comme dans les moments de bonheur.

A 30 ans comme à 60, un couple n’est jamais acquis. A ce titre, la Saint-Valentin se présente comme une occasion de dire à celui ou celle qui partage notre vie combien il ou elle compte pour nous. Ne dit-on pas que « l’amour n’a pas d’âge » ?

De la passion à l’affection

Quoique l’on dise ou que l’on veuille croire, l’amour passionnel et ses manifestations associées (le cœur qui bat la chamade à la seule vue de l’être aimé, l’euphorie qui accompagne la certitude d’aimer et d’être aimé en retour…) ne durent jamais qu’un temps.

Est-ce à dire que l’amour conjugal est nécessairement périssable ? Non, bien entendu ! Simplement, il évolue avec l’expérience et la vie du couple, il s’adapte à ses attentes, notamment en matière de sécurité et de stabilité.

Rien d’alarmant, donc, si vous constatez que la passion des débuts a fini par laisser place au grès des années à une relation qui a plus à voir avec l’amitié qu’avec l’idée que vous vous faisiez de l’amour. L’affection, lorsqu’elle est gage de sécurité, de confiance et de partage, voire de complicité, est parfaitement viable pour un couple. La sexualité n’est donc pas la condition sine qua non à l’épanouissement d’un couple ; les relations platoniques peuvent apporter entière satisfaction et contribuer également au bien-être du couple, pourvue qu’elles reposent sur une entente réciproque des conjoints.

Quid de la vie sexuelle des seniors ?

En dépit du vieillissement de la population à l’échelle internationale, on ignore tout ou presque des pratiques sexuelles des seniors. Et pour cause : considéré comme tabou, ce sujet est rarement traité par la littérature spécialisée ou les médias d’information généralistes.

La dernière étude d’envergure sur le sujet date de 20071. Menée auprès de 3 000 personnes âgées de 57 à 85 ans, ses résultats sont sans équivoque : de nombreux hommes et femmes maintiennent des relations intimes et sexuelles tout au long de leur vie. L’étude rapporte ainsi qu’une majorité de seniors (53 %) âgés de 65 à 74 ans ont encore une activité sexuelle régulière. Quant aux 75-85 ans, ils sont 26% à avoir un rapport sexuel ou plus par an.

Faire l’amour après 60 ans est bon pour le moral !

D’après une étude récente publiée ce mois-ci dans The Journal of Sexual Medicine2, l’activité sexuelle serait même véhicule de bien-être chez les personnes âgées. Un fait qui s’explique, selon les auteurs de l’étude, par les raisons suivantes :

  • Le sexe constitue une activité physique. Outre les bienfaits connus du sport sur la santé, il favorise mécaniquement la sécrétion de l’endorphine, connue à juste titre comme « l’hormone du plaisir ».

  • Le lien social qui rapproche deux partenaires sexuels contribuerait lui aussi à l’amélioration du bien-être individuel

« Les professionnels de santé devraient reconnaître que les personnes âgées ne sont pas asexuelles et qu’une vie sexuelle active et sans danger pour cette tranche de la population est associée à une amélioration du bien-être. Pourtant, rares sont les praticiens qui délivrent des conseils pour trouver de nouvelles positions et explorer différents types d’activités sexuelles [adaptés aux contraintes posées par l’avancée en âge]», déplorent les auteures de l’étude.

De l’impact des problèmes de santé sur la vie sexuelle des seniors

Principale limite au maintien d’une vie sexuelle active : l’état de santé de la personne âgée. Avec l’avancée en âge, des troubles font leur apparition qui sont susceptibles d’affecter plus ou moins la vie sexuelle. Au nombre de ces troubles, les dysfonctionnements érectiles, qui font les choux gras de tout un pan de l’industrie pharmaceutique. Les maladies chroniques et le handicap cognitifs et/ou moteur sont eux aussi susceptibles d’affecter la vie sexuelle des seniors. Certaines maladies neurodégénératives telles qu’Alzheimer peuvent inhiber ou au contraire accroître le désir sexuel, ce qui peut être plus ou moins bien vécu par le partenaire.

Toutefois, il est important de savoir qu’il est très rare qu’un patient se voit, pour des raisons de santé, contraint de renoncer à toute sexualité. Dans la plupart des cas, les rapports sexuels restent heureusement du domaine du possible ; il revient alors au couple de convenir ensemble de leurs modalités (fréquence, position, durée…). Il est toutefois possible et même souhaitable de demander conseil auprès d’un professionnel de santé pour trouver les solutions techniques ou médicales destinées à faciliter ces rapports.

 

1  « A Study of Sexuality and Health among Older Adults in the United States », The New England Journal of Medicine, no 357, 2007, pp. 762-774. Tessler Lindau S., Schumm L. P., Laumann E. O., Levinson W., O'Muircheartaigh C. A., Waite L. J.

2 “Sexual Activity is Associated with Greater Enjoyment of Life in Older Adults”. Etude menée par Dr Lee Smith (Angelia Ruskin University) et Dr Sarah Jackson (UCL) sur un échantillon de 6 879 seniors âgés en moyenne de 65 ans et vivant en Angleterre.

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